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Annabelle d'Huart née en 1952

Collier N° 31 de la collection "Foraminifère biscuit or"
Biscuit de Sèvres doré et or 18  carat pour la monture
Pièce unique
2007-2011

Necklace No. 31 from the ‘Foraminifera biscuit gold’ collection
Sèvres biscuit gilded and 18-carat gold for the setting
Unique piece

2007-2011

 

Les bijoux conçus par Annabelle d’Huart sont essentiellement des pièces rares : 7 pièces uniques pour la galerie d’antiquités de Mirna Myers (Asie et Extrême-Orient) à Paris en 1999 / Les bijoux du défilé Haute Couture de Chanel en 2000 / Une trentaine de pièces uniques de joaillerie exposés à la galerie Gladys Mougins à Paris en 2003 / Une collection de Haute Joaillerie « Stormy Weather » créée pour Yohji Yamamoto, en partenariat avec Mikimoto / Des bijoux exclusifs spécialement conçus pour une clientèle privée de collectionneurs… De 2007 à 2011, Annabelle d’Huart a occupé un atelier entier à la Manufacture nationale de Sèvres pour se consacrer entièrement à la création d’une gamme de bijoux en porcelaine. Chaque bijou dessiné par l’artiste, conçu avec l’aide des artisans d’art de la manufacture, a été mis au point avec la plus grande précision, de son dessin à sa fabrication, comme un objet unique. De véritables petites sculptures originales en porcelaine dure ou tendre sont ainsi nées pour être multipliées en 300 pièces uniques. Cette première collection de bijoux en porcelaine de Sèvres, intitulée «Choses de flot et de mer» a été présentée à la Galerie du 107Rivoli, au Musée des Arts Décoratifs de Paris, et à la Galerie de la Manufacture de Sèvres à Paris, puis à la galerie Anne-Sophie Duval à Paris.  Elle a été ensuite exposée en permanence, de 2013 à 2018, dans une salle du Musée national de Céramique à Sèvres (commissariat Frédéric Bodet). 80 bijoux sélectionnés dans cette collection exceptionnelle sont entrés dans les collections nationales du musée.

Qu’ils prennent comme point de départ la flore qui s’accroche aux bois flottés, les cordages ou les algues, les coquillages ou même une évocation chimérique des sirènes, les bijoux d’Annabelle d’Huart semblent toujours fruits des profondeurs marines. Ce sont des formes rejetées ou enfouies, à la fois délicates et brutes, douces et polies, avec leurs surfaces d’émaux ruisselantes de lumière ou rejouant les gammes d’une opacité suave, proche du céladon. Ode au patrimoine esthétique et technique de Sèvres, l’artiste a fait mouler soixante-dix formes différentes qui on été ensuite assemblées entre elles par différents liens (cordes de soie, anneaux d’or ou d’argent) et singularisés par une palette d’émaux variés, pour constituer au final une collection de 300 pièces uniques, intitulée « Choses de Flots et de Mers » (en référence au poème  « Les Travailleurs de la mer » de Victor Hugo). 

Parmi les riches émaux de Sèvres (plus de 1000 nuances), certains dits de « grand feu » sur pâte dure, ont permis à Annabelle de restituer merveilleusement toutes les nuances du limon fertile, de la houle et des ciels changeants… Cette variété des émaux n’empêche pas leur stricte classification en gammes colorées, avec une prédominance des verts - de l’anis tendre jusqu’au bronze - des bruns et des violines, ainsi qu’une large gamme de bleus, parfois aussi sombres que la nuit. Annabelle d’Huart a eu recours également à la fantaisie d’une autre palette colorée dite «de petit feu», également emblématique de Sèvres, qu’elle a apposée sur certains colliers ou broches en châtelaines réalisées en pâte tendre, faisant la part belle au rose Pompadour, au bleu Lapis, ainsi qu’au fameux bleu Céleste créé pour Louis XV. Un subtil dégradé de gris, la force graphique des noirs mats ou brillants, des émaux blancs réagissant différemment selon les pâtes utilisées, ont complété ce déploiement élogieux à la gloire de la manufacture.

Venons-en maintenant aux spécificités du singulier collier que je vous propose aujourd’hui à la vente. Dans la grande tradition de raffinement des groupes sculptés à Sèvres au XVIIIe siècle, certaines formes miniatures conçues par Annabelle d’Huart en biscuit de porcelaine ont la rugueuse beauté des fossiles marins (les foraminifères, micro-organismes de la faune marine), soulignées d’or fin. Le collier n° 31 de cette collection « Foraminifère biscuit et or » fait partie de cette dernière famille de formes, exceptionnelles à plus d’un titre. Les bijoux en biscuits et or sont très peu nombreux dans cette collection, car la pose de l’or au pinceau est un particulièrement long travail de patience. L’or pur pur 24 carats utilisé par les artisans de Sèvres doit être longuement poli avec un polissoir en agate, puis il  nécessite une troisième cuisson spéciale, après les deux cuissons préalables du « biscuit » de porcelaine. Le « biscuit » de Sèvre est une spécialité de la manufacture, inventé au 18ème siècle pour rapprocher la porcelaine de la blancheur et de l’aspect minéral du marbre. Sa douceur sablé, soulignée par l’or, rend le collier particulièrement élégant, d’un porté très agréable car il est conçu de façon très ergonomique. Il se place en effet très bien sur le buste féminin, articulé par de multiples anneaux d’or assemblant entre eux les différents éléments de porcelaine, qui sont micro-perforés en biais, afin d’assurer plus de fluidité au collier. Une pièce véritablement d’exception, dont la double signature « Annabelle d’Huart » et « Manufacture de Sèvres » vous assure d’un bel investissement artistique d’avenir.